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samedi 21 mai 2011

Bien trop usé


Revenir au texte. Essayer d’écrire son âme. Fixer les mots. Il avait encore gagné. Mon arrière-grand-mère avait assisté à sa prise triomphale du pouvoir ainsi que ma grand-mère et ma mère. Maintenant que je m’en allais adulte, il signait encore pour 7 autres années de misère.
La littérature ne nourrit pas son homme. Et le verbe je le laisse à d’autres. Je ne sais plus écrire. En effet, je ne sais plus lire. Mon coeur avait été rempli de joie de Janvier à Juin. L’amour, il n’y a rien de plus anti-littéraire.
A vrai dire, je n’étais plus le nomade poète de mes rudes années. Je me souviens, des exaltations de la littérature. C’est lointain, inutile. Maintenant, je me contente de vivre. Je n’ai plus d’idée, je n’ai plus de prétention. Tout ici me semble lourd. Et les mots. J’habite Paris maintenant et je n’arrive plus à pondre un roman, un recueil, du sens. 

Un effort d’euphorie mon brave, il ne faudrait pas, par ton manque d’appétit, salir la glace ! Il est bien important de faire belle mine. Un homme ça doit sourire soit disant. Penser positif !
L’envie s’épuise, le verbe se fait moins acerbe à force de ne plus être employé. J’ai délaissé l’écriture comme l’enfant délaisse un joujou. Ou encore comme l’on délaisse un vêtement bien trop usé. Ecrire, à quoi bon ? Subir la pression inquisitrice de l’autre ? Livrer son âme au regard ? L’exercice avait vécu son temps ; il me fallait désormais passer à d’autres plaisirs.
Un temps, après ce divorce historique, je m’étais essayé aux  mondanités ; forme moderne de la vacuité. Enfant de mon siècle, je me suis fais assidu à tous les bistrots, à toutes les fêtes, à tous les grands places. Voir et être vu ! Un zeste de négligence de mes études et une propension extrême à la causerie. C’était cela : être social.
Un temps, bien autres que le premier, je m’étais essayé à la vie associative, on disait que c’est un bon exutoire, «pour votre santé ne grignoter pas entre les repas», une association c’était un peu l’école de la vie sociale en miniature. L’art de la causerie y laissait place à l’art de la réunion : forme extrême de causerie qui se veut sérieuse et formelle.  L’association fut pour moi le prétexte d’observation de la race dans laquelle il me fallait tenter d’exister. Comme aux mondanités, il était plus question de se montrer et de regarder que de faire ce pour quoi on s’associait. J’ai vite été dégoûté. Je pense bien être l’un des cons à avoir pris cette vie au sérieux.
La vie, il aurait fallu que je la prenne à demi-mot, à demi-vérité, à demi-chemin, à demi-leader, pour ne pas tomber dans les extrémismes qui me caractérisent trop. Il m’aurait fallu un peu plus d’eau dans mon absinthe. Un peu moins de rigueur en bref. C’est cela.
L’écriture je l’avais délaissé comme on se sépare d’un vieux caleçon, un aveu de notre lâcheté.  De notre finitude. Je ne pouvais pas rester là, immobile sur ma table alors que dehors il y avait tellement ! il me fallait me faire acteur d’intrigue, mettre en scène quelques infidélités, quelques trahisons, quelques lâchetés et pour enfin après d’avoir parcouru le vaste monde des hommes, revenir moins stupides et plus confus. J’avais bien mené ma barque jusqu’aux frontières de la déchéance. Des restau les plus huppés aux tavernes les plus sordides j’avais conduit mon estomac. Des cambuses suintantes aux appartements spacieux j’avais trainé mon sac d’os. Et pour les femmes ma route ne fut pas bien longues entre prostitués et filles faciles je ne peux pas me définir comme un casanova. Mais j’étais fier du voyage effectué. Des arnaqueurs rencontrés, des braqueurs, des gourous, des hommes de mauvaise foi, tous, oui tous passeraient à la postérité. Ils avaient été utiles. 
J’en étais, et vous l’avez déjà deviné, revenu à ma table. Amoché par les MST et les maladies. Déprimer et alcoolophile, pas timide face au stupéfiant mais heureux. Le monde des hommes m’était donc apparu tel qu’il est : futile et égoïste. Il n’y avait pas grand-chose à y faire : raconter des mensonges et s’accoupler. Il me fallait donc un nouveau départ, plus interne que le précédent. Un nouveau voyage pour guérir du monde des hommes et du péché que j’avais osé parcourir sans préjugé. J’avais accueilli dans mon sein la catin et le dérobeur. Et maintenant, de cette morsure du réelle il me fallait guérir. La première tentation fut le mysticisme, et j’y suis pour une année encore. Mais faire des U –guindé et lire des monographies n’est pas trop mon idée de la transcendance. Me livrer à Jésus ? Cela me semblait l’issu probable mais lequel des jésus ? Il y en avait tellement. Ma raison pas très religieuse rebutait à l’idée de m’agenouiller et de psalmodier des incantations à la gloire d’autrui !
Le nouveau voyage que j’imagine si grandiose que je voudrais le conduire avec pour objectif ma mort. J’y vois l’initiation véritable, la seule qui mérite mon agenouillement, mon psaume. Vivre pour me préparer à cette échéance, vivre en perspective de ma mort. Voilà qui serait si motivant que j’en oublierais de mourir. C’est pour quoi j’en étais revenu à ma table d’écriture. Ce bout de monde où j’avais fixé ma pensée. Ma table, à force de maîtrise s’était fait carrefour des forces de l’univers. J’y étais le passeur, j’y détenais tous les pouvoirs, j’y étais l’unique et seul juge.
Par le verbe trouver sa rédemption. Naïf et utopique ? tu penses ? ben, chui’com’ça ! et j’y peux rien. J’ai très tôt éduquer mon âme à l’impossible. Que mon géniteur me dise que je pouvais pas et tout de suite que je me mettais à braver sa parole. Qu’un professeur mystifiait un exercice, aussitôt je m’attelais à le démystifier. Je dois bien convenir que ce n’est peut être pas la meilleure façon de se faire des amis. L’Impossible et l’incompréhensible, les limites même de l’être, pousser le bouchon aussi loin que mes muscles atrophiés pouvaient le faire. 
J’ai donc bien vite pris mes marques dans le monde imaginaire et laisser une mince place aux exercices physiques.  J’ai bien vite senti le vide de mon existence et sa relativité. Si bien qu’aujourd’hui, après cette incursion dans la réalité, j’en suis confus. 
j'oubliais, je me présente IAN kelevitch , sinistre rejeton de la vipère et du lièvre.  j'ai vécu. Oui, la jeunesse s'envole et n'attend pas. j'ai vécu de multiples vies en être liminaire. je sais, je n'ai pas pris le temps d'exister, d'être vrai, de m'engager. j'ai pris la vie à demi pincette et j'en suis confus.
Ce bref souffle qu'est la jeunesse le voici déjà gâché. J'ai pas su quoi en faire c'est tout. Il est passé par ici, il s'est réjoui par là; non nous ne le connaissons pas. Oui  moi je dis: c'était un garçon Bizarre, pas très expressif; moi je dis: c'était un garçon normal; très expressif; moi je dis c'était un bon chrétien; un moralisateur; moi je dis c'était un grand athée; un démoralisateur...
Ont-ils tort? Ont-ils raison? c'était tout à fait le même corps, ce sac d'os frêle se traînant vers le couchant. c'était tout à fait cette silhouette mais plus tout à fait la même personne. Tel s'en allait Ian Kélévitch et contre le creux de son âme de multiples vies tour à tour s'effilochaient.  

Chagrins du sans terre


le plus dure c'est de rester là sans écrire. ne plus poser les mots. les abandonner. comme on abandonne un chien à l'approche de l'été; l'appel de la mer est plus fort. je suis littéralement avalé par ce monde. il me faut reprendre la plume. tenter de fixer.
ça va vite, ça va même trop vite. le plus cruel c'est qu'entre les deux monde je n'existe pas. je n'appartient à aucun des deux mondes. Malheur au tiède.
Je suis le sans terre. je suis le sans patrie. je suis le sans nation. je suis le sans espèce.
Ma grossesse est mature: Chagrins du Sans terre.

Frêle silhouette dans le ciel bleu
chouette,
pas de nuages perle de sueur
solitaire il allonge le pas
retrouver certainement
une puante couette et un maigre repas

dimanche 30 janvier 2011

Crossroads sucks, farewell to a lady

Tu me chercheras en vain des poux,
tu me traiteras en larmes de ripoux,
j’ai pris mes jambes à mon cou,
avant d’être pieds devant dans un trou
Adieu merci beaucoup.

Je n’ai qu’une seule chose à te dire,

A Dieu merci pour tous

La , la lère.

Mieux en rire qu’en pleurer, le téléphone a raccroché. Plus de communication possible. J’attends fébrilement le statut. Qui le premier ? Certainement moi. Cette fois c’est bien la fois de trop; mon coeur n’est pas un torchon… je vais m’armer de courage et voir le pont mirabeau. Si il y coule toujours la seine, j’espère qu’elle emportera ma peine. je t’avais donné ma parole... rien ne te suffit jamais…

Et la parole donnée est sacré.

Cette leçon tu l’apprendras, par le tranchant de la lame,
L’écriture est mon arme
A Dieu merci pour tous.

 

Andréa

vendredi 14 janvier 2011

Yes we can

Happy New Year !

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jeudi 30 décembre 2010

2010, prélude en Do majeur pour un faune

Manet_faune

Faire le bilan. s’arrêter un instant. 2010 fut l’année de la prise de conscience. Hiver rude, Health care bill, Gbagbo, vague de prises d’otage au sahara, boue rouge toxique en hongrie, faillite de la grèce et mort programmée de l’Euro mais aussi première coupe du monde de football en Afrique, Dilma Roussef élue présidente de la huitième puissance mondiale; regain de tension en asie du sud est.

C’est bien dans un monde de plus en  plus malade que nous nous enfonçons. Le taux d’équipement matériel n’a d’égal que le vide moral de la société en devenir. Nous nous enfonçons dans une société à la fois post-moderne et post-humaine. L’humain grande idée de la modernité se meurt avec elle. comme le personnal computer fixe et “personnal” la notion d’individu distinct et définissable en un ici et maintenant est révolu. Les smartphones et plus encore l’usage intensif des réseaux sociaux (facebook, twitter, tumblr, etc…) ont modifié considérablement  et inéluctablement nos manières d’intéragir. Oui, la réalité du village planétaire et  de  la proximité du lointain n’a jamais été aussi intense.
Le post-humain c’est bien de l’humain sublimé par l’instantanéïté et la sérialisation massive de son être: c’est le triomphe de l’entre soi,et de l’industrialisation du moi je.

Fabrique de pareil, nous ne sommes plus que des Smartphones sur pattes. Etre différent est devenu le nouveau conformisme.

2010 fut donc une exécrable année, une sorte de répétition générale de ce que le monde sera; une vaste comédie du tout transparent.

Je ne rêve définitivement plus, j’attends l’aube;
ce matin qui nous enragera tous;
Ce jour long d’atome et de sang.

Bonne année 2011

“Aimai-je un rêve ?

Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
Bois même, prouve, hélas ! que bien seul je m’offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses.” S.Mallarmé

Andrea N.

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